Le GR20 est-il vraiment difficile ?
Oui, il est dur. Mais sa difficulté dépend du rythme choisi, du poids du sac, de la météo, de la préparation et de la capacité à récupérer. En 16 jours, il reste accessible à des randonneurs sportifs bien préparés. En 12 jours, avec des étapes doublées, la difficulté change complètement de niveau.
Le GR20 est-il adapté à un débutant ?
Non, pas comme première vraie randonnée itinérante. Le GR20 demande déjà de savoir marcher plusieurs jours, gérer un sac, descendre longtemps, poser les pieds sur terrain instable et rester lucide quand la fatigue s'installe. Un débutant très sportif peut s'y préparer, mais il doit d'abord faire des randonnées longues, tester son matériel et apprendre à gérer l'effort sur plusieurs jours.
Combien de jours faut-il prévoir ?
Le format classique tourne souvent autour de 16 jours. En 12 jours comme nous, le GR20 devient nettement plus sportif : certaines journées dépassent largement les 20 km, avec beaucoup de dénivelé et moins de récupération. Plus de 16 jours peut être une excellente option si l'on veut ajouter des variantes et moins courir après la logistique du soir.
Quel est le meilleur sens : Nord → Sud ou Sud → Nord ?
Nous avons fait le sens classique Nord → Sud. Avec le recul, je pense qu'un départ de Conca en Sud → Nord mérite vraiment d'être envisagé. Le sud permettrait au corps de s'acclimater progressivement avant d'arriver dans le nord plus minéral, plus cassant et plus exigeant. L'inconvénient, c'est mental : on avance en sachant que le plus dur arrive à la fin.
Peut-on bivouaquer librement sur le GR20 ?
Non, il ne faut pas imaginer planter sa tente n'importe où. Le bivouac se fait dans les zones prévues autour des refuges ou de certaines bergeries, avec réservation ou paiement selon les cas. En haute saison, les emplacements peuvent être serrés et très demandés.
Quel budget prévoir ?
En autonomie maximale, tu paieras surtout les bivouacs et quelques ravitaillements. Si tu manges souvent en refuge, bois des bières, prends des sandwichs ou loues des tentes, le budget monte vite. Pour deux semaines, une fourchette de 500 à 900 € par personne est réaliste, mais elle peut être dépassée si tu privilégies le confort.
Quelle est la meilleure période ?
La période la plus simple logistiquement correspond à la saison où les refuges sont gardés. En été, les services sont disponibles, mais chaleur et foule sont au rendez-vous. Nous l'avons fait du 18 au 29 août : la chaleur était un vrai facteur, mais les services ouverts nous ont bien aidés. Hors saison, l'expérience est plus sauvage mais demande beaucoup plus d'autonomie.
Peut-on compter sur les repas en refuge ?
Oui et non. On trouve souvent de quoi manger, mais la qualité, la quantité et le rapport prix/plaisir sont très variables. Je conseille de prévoir une marge alimentaire : lyophilisés, snacks efficaces, glucides, protéines, et de quoi sauver une soirée si le repas est insuffisant.
Y a-t-il du réseau sur le GR20 ?
Pas toujours. Certains refuges ou vallons captent mal, voire pas du tout. Il faut profiter des moments où le réseau revient pour prévenir les proches, vérifier la météo, gérer une réservation ou organiser un transport.
Quel conseil donner à quelqu'un qui hésite encore ?
Ne pars pas sur un coup de tête, mais ne te laisse pas non plus paralyser par la réputation du GR20. Prépare-toi sérieusement, teste ton matériel, allège ton sac, travaille les descentes, apprends à manger et boire avant d'être dans le dur, puis accepte que le plan change parfois. Si tu arrives humble et préparé, le GR20 peut devenir une des plus belles aventures de ta vie.