Randonneurs sur le GR20 entre Calenzana et Conca, en pleine montagne corse

Corse · GR20 complet · Nord → Sud · 18 → 29 août 2025

Mon GR20Nord–Sud en 12 jours

Retour d’expérience, étapes, matériel, refuges et conseils concrets pour préparer votre traversée.

Dates18 → 29 août 2025
Durée12 jours
Distance210,7 km
Dénivelé +13 715 m
Temps de marche78h46
Commencer ici
Mon conseil : commence par comprendre le découpage, puis ajuste ton sac, ton budget et tes réservations. Le GR20 se prépare sérieusement, mais il faut garder assez de souplesse pour adapter le plan une fois sur le terrain.
Carnet de route

Récit jour par jour

Notre trace : douze journées, du départ de Calenzana à l'arrivée de Conca, avec les paysages, les moments durs et les souvenirs qui ont marqué notre traversée.

Choisis une étape, lis l’extrait, puis ouvre la page complète si tu veux entrer dans le détail de la journée.

Traversée interactive

Calenzana → Conca, étape par étape

Chargement de la carte interactive.
Mon GR20 Nord–SudTrace réelle de la traversée, simplifiée pour une lecture claire.
Profil GPSD+ et altitude réelle, journée par journée.
Jour 1 · Le vrai départ

Calenzana → Refuge d’Ortu di u Piobbu

En bref
Distance / D+
13,2 km · +1 538 m
Temps / difficulté
7h01 · 3/5
Moment fort
Vues sur Calvi et premier vrai départ à trois.
Conseil terrain
Partir calme, garder de l'énergie et ne pas se cramer le premier matin.

La nuit avant le départ, j'avais imaginé dormir comme une pierre. Raté. Vers 4h du matin, le camping de Calenzana s'agite déjà — fermetures éclair, frontales, chuchotements qui ne chuchotent pas vraiment. Une partie des randonneurs est debout, et à 5h30, c'est clair : personne ne se rendort.

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Jour 2 · Premier jour à deux

Refuge d’Ortu di u Piobbu → Refuge de Carrozzu

En bref
Distance / D+
10,0 km · +890 m
Temps / difficulté
8h03 · 4/5
Moment fort
Le GR20 devient minéral et sérieux.
Conseil terrain
Avancer proprement, ranger les bâtons quand les mains deviennent utiles.

Le matin à Ortu a un goût bizarre. On plie les affaires en silence, un peu sonnés. Arnaud redescend vers Calenzana. Le projet imaginé depuis des années continue — mais il ne continue plus comme prévu. Le sentier ne nous laisse pas longtemps digérer ça.

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Jour 3

Refuge de Carrozzu → Ascu Stagnu / Haut Asco

En bref
Distance / D+
8,4 km · +983 m
Temps / difficulté
6h07 · 4/5
Moment fort
Spasimata, dalles et arrivée à Haut Asco.
Conseil terrain
Profiter d'Asco pour recharger, manger et récupérer vraiment.

Au réveil à Carrozzu, tout est trempé. La forêt garde l'humidité, la tente a pris la rosée. Mais la brume de la veille a disparu, le ciel s'ouvre progressivement, et on sent tout de suite que la journée peut être très belle.

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Jour 4 · La grosse étape du nord

Ascu Stagnu / Haut Asco → Bergerie de Ballone

En bref
Distance / D+
13,1 km · +1 401 m
Temps / difficulté
8h09 · 5/5
Moment fort
Pointe des Éboulis et ambiance haute montagne.
Conseil terrain
Partir tôt et garder une vraie marge de sécurité.

La nuit à Haut Asco n'a pas été la plus réparatrice. Notre emplacement en pente a clairement joué contre nous. Mais ce matin-là, pas question de traîner : on sait très bien quelle étape nous attend.

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Jour 5 · Respiration vers Vergio

Bergerie de Ballone → Castel di Vergio

En bref
Distance / D+
14,6 km · +857 m
Temps / difficulté
7h25 · 3/5
Moment fort
Vasques, forêt et respiration au col de Vergio.
Conseil terrain
Utiliser Vergio pour ravitailler, charger les batteries et repartir propre.

Après la très dense journée jusqu'à Ballone, ce cinquième jour arrive comme une forme de respiration. Pas parce que l'étape serait facile — mais parce que le terrain change de ton. On quitte peu à peu l'ambiance la plus brutale du nord, et le corps apprécie de ne plus être constamment dans les blocs et la tension permanente.

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Jour 6 · La très longue journée

Castel di Vergio → Refuge de Petra Piana

En bref
Distance / D+
27,2 km · +1 627 m
Temps / difficulté
11h39 · 5/5
Moment fort
Pause salvatrice face aux lacs de Melo et Capitello.
Conseil terrain
S'arrêter franchement quand le corps décroche, pas seulement ralentir.

Sur le papier, cette journée était à prendre très au sérieux. Depuis le col de Vergio, on n'enchaîne pas une simple étape : on double pour rejoindre Petra Piana en fin de journée. L'idée était de partir très tôt et de garder une marge confortable.

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La très grosse journée se gagne souvent à la pause.Castel di Vergio → Refuge de Petra Piana
Jour 7 · Descente vers la civilisation

Refuge de Petra Piana → Vizzavona

En bref
Distance / D+
23,4 km · +1 241 m
Temps / difficulté
11h11 · 5/5
Moment fort
Fin du nord et arrivée à Vizzavona.
Conseil terrain
Ne pas sous-estimer la transition, même quand la fin du nord approche.

Après la très longue journée jusqu'à Petra Piana, le réveil a quelque chose de particulier. Ça fait une semaine qu'on avance. Et Vizzavona représente bien plus qu'un point sur la carte — c'est la coupure symbolique entre le nord et le sud, le moment où l'on croit avoir laissé derrière soi la partie la plus rude.

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Jour 8 · Le sud commence vraiment

Vizzavona → Relais San Petru di Verde / Col de Verde

En bref
Distance / D+
28,7 km · +1 410 m
Temps / difficulté
9h20 · 5/5
Moment fort
Sandwich salvateur à E Capanelle et arrivée tardive.
Conseil terrain
Le sud paraît doux, mais il punit les horaires trop optimistes.

Repartir après la parenthèse de Vizzavona n'a rien d'évident. La douche, le lit, le repas — tout ça fait du bien, mais rend le redémarrage plus brutal. On quitte l'hôtel tard, à 10h07, avec presque 29 km au programme : rejoindre E Capanelle, puis pousser jusqu'au Col de Verde.

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Jour 9 · Savoir écouter le corps

Relais San Petru di Verde / Col de Verde → Refuge d'Usciolu

En bref
Distance / D+
17,2 km · +1 483 m
Temps / difficulté
9h05 · 5/5
Moment fort
Vue sur la mer depuis Prati et décision lucide de s'arrêter à Usciolu.
Conseil terrain
Adapter le plan n'est pas renoncer — c'est parfois ce qui permet d'aller au bout.

Au réveil au Col de Verde, l'idée de départ était ambitieuse : continuer jusqu'à Croci. Mais depuis la veille, une douleur s'est installée dans le genou gauche. Sur le GR20, savoir lever le pied au bon moment fait partie de la réussite autant que savoir serrer les dents.

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Jour 10 · Le mental dans le dur

Refuge d’Usciolu → Bergerie de Croci

En bref
Distance / D+
15,1 km · +626 m
Temps / difficulté
6h37 · 4/5
Moment fort
Pause à Bassetta et second souffle mental.
Conseil terrain
Une vraie pause peut relancer une étape entière.

Au réveil à Usciolu, on sent tout de suite que la journée ne va pas se jouer uniquement avec les jambes. Le lever de soleil est beau, l'ambiance pourrait être parfaite — mais Benjamin n'est clairement pas dans son état habituel. Il est là physiquement, il avance, mais quelque chose coince. Sur le GR20, la volonté ne suffit pas toujours : parfois, la tête refuse simplement de suivre.

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Bavella donne de la magie, mais pas encore l'arrivée.Avant la dernière grande journée
Jour 11 · Bavella et l'orage

Bergerie de Croci → Refuge d’I Paliri

En bref
Distance / D+
25,4 km · +1 235 m
Temps / difficulté
11h27 · 5/5
Moment fort
Incudine, Bavella, puis l'orage à Paliri.
Conseil terrain
Garder de l'énergie après Bavella et protéger la tente dès l'arrivée.

La nuit à Croci aurait pu être compliquée — les chiens, les bruits, les cochongliers. En réalité, l'épuisement des jours précédents a gagné. Au réveil, on sait qu'il reste la dernière très grosse journée avant Conca.

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Jour 12 · Le bout du chemin

Refuge d’I Paliri → Conca

En bref
Distance / D+
14,4 km · +424 m
Temps / difficulté
4h59 · 3/5
Moment fort
Porto-Vecchio au loin puis Conca.
Conseil terrain
Rester concentré jusqu'au bout, puis savourer sans se presser.

Ce matin-là, impossible de traîner. On replie les affaires dès 5h, plus excités que fatigués. Une idée très claire en tête : ne surtout pas rater l'apéro de midi.

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Itinéraire réel

Notre découpage réel du
GR20 Nord–Sud

Découpage reconstruit depuis nos traces GPS : 12 journées de marche réelles, de Calenzana à Conca. Le tableau complet — distances, dénivelés, horaires — et les points forts jour par jour sont sur la page dédiée.

Voir l'itinéraire complet en 12 jours
Avec du recul

Bilan du GR20 après
12 jours de traversée

Résumer le GR20 en quelques phrases est presque impossible. En 12 jours, on ne vit pas seulement une randonnée longue : on traverse une succession d'états physiques, de paysages, de doutes, de routines, de rencontres et de petites victoires quotidiennes.

Est-ce que je referais le GR20 en 12 jours ?

Oui, mais pas pour tout le monde. C'est magnifique, intense, parfois trop rapide, et ça demande une vraie préparation. En 12 jours, le GR20 devient une traversée sportive où la récupération compte autant que les jambes.

Difficulté5/5
Beauté5/5
Physique5/5
Technique4/5
Le GR20 ne m'a pas seulement demandé de marcher. Il m'a demandé de m'adapter, d'accepter l'inconfort, de gérer mon corps, de soutenir Benjamin quand il était dans le dur, et de continuer même quand le plan initial changeait.

Ce que je retiens avant tout

Le GR20 est bien plus qu'un itinéraire sportif. C'est une aventure complète : des crêtes minérales, des forêts, des lacs, des pierriers, des bergeries, des orages, des bivouacs, des douleurs, des bières méritées et des moments de silence devant des paysages immenses.

Le côté humain

Ce GR20 restera aussi une histoire d'amitié. Le projet était né à trois, Arnaud a dû s'arrêter après la première journée, puis Benjamin et moi avons continué jusqu'à Conca. Cette évolution a donné une vraie profondeur au voyage.

Beauté du parcours

La force du GR20, c'est la variété. Le nord est plus minéral, plus vertical, plus technique. Le sud offre des ambiances magnifiques : forêts, crêtes, Coscione, Bavella, Paliri.

Intensité physique

Le plus dur n'est pas une seule montée. C'est l'accumulation : repartir chaque matin, gérer les descentes, porter le sac, dormir moyennement, puis recommencer.

Ambiance du GR20

Malgré la difficulté, le GR20 est vivant. On croise des randonneurs de partout, on partage des tables, des infos météo, parfois même de l'entraide sous l'orage comme à Paliri.

Randonneur avec sac vert face à une montagne corse sur le GR20
L'ambiance sauvage du GR20
Ambiance sauvage

L'ambiance sauvage du GR20

Des paysages ouverts, des animaux en liberté, une sensation d'isolement et d'immensité : c'est aussi ça, le GR20.

Ce que je changerais

Je réfléchirais sérieusement au sens Sud → Nord. Je pense maintenant qu'un départ de Conca permettrait au corps de s'acclimater progressivement avant les passages les plus techniques du nord.

Mon verdict

Le GR20 est à part. Exigeant, parfois frustrant, souvent inconfortable, mais il offre une intensité rare. On ne le termine pas seulement avec des photos et des chiffres GPS. On le termine avec une vraie sensation d'avoir vécu quelque chose.

Vidéo GR20

L'ambiance du sentier en vertical

Un format vertical pour retrouver le rythme du GR20 : les crêtes, les pauses, la fatigue et l'énergie qui revient au fil des étapes.

Short YouTube Crêtes corses Ambiance GR20

Vidéo intégrée depuis YouTube — voir la source originale.

Questions fréquentes

FAQ GR20 : les réponses que
j'aurais aimé lire

Cette FAQ mélange les grandes questions classiques et notre retour personnel après une traversée complète Nord → Sud en 12 jours, du 18 au 29 août 2025.

Le GR20 est-il vraiment difficile ?

Oui, il est dur. Mais sa difficulté dépend du rythme choisi, du poids du sac, de la météo, de la préparation et de la capacité à récupérer. En 16 jours, il reste accessible à des randonneurs sportifs bien préparés. En 12 jours, avec des étapes doublées, la difficulté change complètement de niveau.

Le GR20 est-il adapté à un débutant ?

Non, pas comme première vraie randonnée itinérante. Le GR20 demande déjà de savoir marcher plusieurs jours, gérer un sac, descendre longtemps, poser les pieds sur terrain instable et rester lucide quand la fatigue s'installe. Un débutant très sportif peut s'y préparer, mais il doit d'abord faire des randonnées longues, tester son matériel et apprendre à gérer l'effort sur plusieurs jours.

Combien de jours faut-il prévoir ?

Le format classique tourne souvent autour de 16 jours. En 12 jours comme nous, le GR20 devient nettement plus sportif : certaines journées dépassent largement les 20 km, avec beaucoup de dénivelé et moins de récupération. Plus de 16 jours peut être une excellente option si l'on veut ajouter des variantes et moins courir après la logistique du soir.

Quel est le meilleur sens : Nord → Sud ou Sud → Nord ?

Nous avons fait le sens classique Nord → Sud. Avec le recul, je pense qu'un départ de Conca en Sud → Nord mérite vraiment d'être envisagé. Le sud permettrait au corps de s'acclimater progressivement avant d'arriver dans le nord plus minéral, plus cassant et plus exigeant. L'inconvénient, c'est mental : on avance en sachant que le plus dur arrive à la fin.

Peut-on bivouaquer librement sur le GR20 ?

Non, il ne faut pas imaginer planter sa tente n'importe où. Le bivouac se fait dans les zones prévues autour des refuges ou de certaines bergeries, avec réservation ou paiement selon les cas. En haute saison, les emplacements peuvent être serrés et très demandés.

Quel budget prévoir ?

En autonomie maximale, tu paieras surtout les bivouacs et quelques ravitaillements. Si tu manges souvent en refuge, bois des bières, prends des sandwichs ou loues des tentes, le budget monte vite. Pour deux semaines, une fourchette de 500 à 900 € par personne est réaliste, mais elle peut être dépassée si tu privilégies le confort.

Quelle est la meilleure période ?

La période la plus simple logistiquement correspond à la saison où les refuges sont gardés. En été, les services sont disponibles, mais chaleur et foule sont au rendez-vous. Nous l'avons fait du 18 au 29 août : la chaleur était un vrai facteur, mais les services ouverts nous ont bien aidés. Hors saison, l'expérience est plus sauvage mais demande beaucoup plus d'autonomie.

Peut-on compter sur les repas en refuge ?

Oui et non. On trouve souvent de quoi manger, mais la qualité, la quantité et le rapport prix/plaisir sont très variables. Je conseille de prévoir une marge alimentaire : lyophilisés, snacks efficaces, glucides, protéines, et de quoi sauver une soirée si le repas est insuffisant.

Y a-t-il du réseau sur le GR20 ?

Pas toujours. Certains refuges ou vallons captent mal, voire pas du tout. Il faut profiter des moments où le réseau revient pour prévenir les proches, vérifier la météo, gérer une réservation ou organiser un transport.

Quel conseil donner à quelqu'un qui hésite encore ?

Ne pars pas sur un coup de tête, mais ne te laisse pas non plus paralyser par la réputation du GR20. Prépare-toi sérieusement, teste ton matériel, allège ton sac, travaille les descentes, apprends à manger et boire avant d'être dans le dur, puis accepte que le plan change parfois. Si tu arrives humble et préparé, le GR20 peut devenir une des plus belles aventures de ta vie.

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