Mon GR20 Nord–Sud

Jour 8 · Le sud commence vraiment

Vizzavona → Relais San Petru di Verde / Col de Verde

28,7 kmDistance+1 410 mDénivelé +9h20Temps total5/5Difficulté
Départ 10h07 · Arrivée 19h27. 28,7 km, +1 410 m, -1 085 m, 8h29 en mouvement et 9h20 au total. Le départ tardif a rendu la journée beaucoup plus tendue. Le sud use par la longueur autant que le nord use par la technicité.

Repartir après la parenthèse de Vizzavona n'a rien d'évident. La douche, le lit, le repas — tout ça fait du bien, mais rend le redémarrage plus brutal. On quitte l'hôtel tard, à 10h07, avec presque 29 km au programme : rejoindre E Capanelle, puis pousser jusqu'au Col de Verde.

Après une semaine dans les jambes, on sait que cette journée doit être gérée intelligemment. Avancer longtemps, rester lucides, manger correctement. Ce n'est plus le moment de jouer les héros.

La journée commence par une longue montée en forêt. Pas spectaculaire, pas de grandes vues immédiates — une montée régulière, presque enfermée entre les arbres. Le sud commence de façon discrète, plus forestière que grandiose. Le balisage demande aussi de l'attention : par moments, les marques rouges et blanches ne sautent pas aux yeux, et on se retrouve à corriger quelques écarts. Rien de dramatique, mais assez pour rappeler qu'on ne peut jamais totalement débrancher.

À la Bocca Palmente, la forêt s'ouvre enfin. Le Monte d'Oro se dévoile, les reliefs prennent de l'ampleur. C'est un moment important — après cette longue montée sous les arbres, le panorama remet de l'énergie dans les jambes.

L'arrivée à E Capanelle tombe au bon moment. On a faim, vraiment faim. Les sandwichs nous attirent beaucoup plus qu'un énième grignotage sorti du sac. On attend un peu, mais c'est finalement une très bonne décision. Manger quelque chose de simple et bon change le reste de la journée.

Après E Capanelle, le sentier devient plus roulant. Les chemins sentent les pins, quelques vasques, des ruisseaux — le sud est moins agressif que le nord. Mais c'est là que le piège se referme : moins technique ne veut pas dire facile. Le nord use par les rochers et les descentes cassantes. Le sud, lui, commence à user par la distance. On marche longtemps, sur un corps qui n'est plus frais.

À trois kilomètres de l'arrivée, le moral baisse clairement. Pas de difficulté spectaculaire, pas de crête vertigineuse — juste une fatigue sourde. Celle qui vient de l'accumulation, du départ tardif, des presque 30 km, et de cette impression que le refuge met toujours trop de temps à arriver.

On arrive au Relais San Petru di Verde à 19h27. Les douches chaudes sont un luxe. Mais on arrive trop tard pour le repas du soir. Après une étape aussi longue, c'est un vrai coup dur. On se rabat sur deux boîtes de raviolis. Ça remplit, mais ça ne répare pas vraiment le corps ni le moral comme un vrai repas l'aurait fait.

Cette journée m'a fait comprendre le vrai changement entre le nord et le sud. Le sud est moins cassant, moins impressionnant par moments. Mais il oblige à marcher davantage, plus longtemps, avec une fatigue déjà bien installée. Ce n'est pas plus simple. C'est une autre manière de souffrir.