Mon GR20 Nord–Sud

Jour 5 · Respiration vers Vergio

Bergerie de Ballone → Castel di Vergio

14,6 kmDistance+857 mDénivelé +7h25Temps total3/5Difficulté
Départ 08h06 · Arrivée 15h31. 14,6 km, +857 m, -895 m, 5h27 en mouvement et 7h25 au total. Une étape plus respirable, mais pas gratuite. Elle permet de relancer le corps avant la très grosse journée du lendemain.

Après la très dense journée jusqu'à Ballone, ce cinquième jour arrive comme une forme de respiration. Pas parce que l'étape serait facile — mais parce que le terrain change de ton. On quitte peu à peu l'ambiance la plus brutale du nord, et le corps apprécie de ne plus être constamment dans les blocs et la tension permanente.

La première partie descend en suivant l'eau. La rivière accompagne la progression, des vasques claires, parfois presque turquoise, qui donnent envie de s'arrêter. Le matin est encore frais, les sacs sont sur le dos, l'objectif est loin — on regarde, on profite, mais on ne s'installe pas.

Ce qui marque le plus ce jour-là, c'est la beauté continue du décor. Après plusieurs jours à encaisser la montagne dans sa version minérale et rugueuse, cette étape offre autre chose : plus de forêt, plus d'eau, plus de respiration. On avance avec cette impression rare de pouvoir relever les yeux un peu plus souvent.

Mentalement aussi, la journée a quelque chose de rassurant. Vergio est un vrai point de ravitaillement, et ça compte énormément quand on approche du milieu du trek.

L'arrivée au col de Vergio fait presque l'effet d'un retour momentané à la civilisation. Après plusieurs jours de refuges et de logistique sommaire, trouver une petite supérette bien fournie change tout. Produits frais, pain, douceurs — à ce stade du trek, ce genre de détail prend une importance énorme.

Recharger les appareils, remettre de l'ordre dans les affaires, se projeter vers la suite avec un peu plus de sérénité : le col de Vergio devient un point stratégique, une parenthèse confortable au milieu d'un itinéraire qui use en permanence.

Mais il ne faut pas se tromper : cette journée n'est pas une journée de repos. Les 14,6 km, les presque 900 mètres de descente et la fatigue accumulée rappellent que le corps travaille encore. Simplement, le ressenti est différent. Moins de stress technique, plus de fluidité. Et cette sensation très agréable de traverser un décor magnifique sans être constamment en lutte avec le terrain.

On termine la journée au col de Vergio, avec le sentiment d'avoir fait une étape essentielle dans l'équilibre de la traversée. Récupérer un peu. Refaire le plein. Et se préparer mentalement à ce qui vient.