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Étapes

Quelle est l'étape la plus difficile du GR20 ?

Quelle est l'étape la plus difficile du GR20 ? La question revient avant chaque départ — et elle n'a pas une seule réponse. Selon que l'on parle d'effort brut, de terrain alpin ou de choc du premier jour, trois étapes se disputent le titre. Voici notre classement des 16 étapes officielles, chiffres à l'appui.

Le classement

Le top 5 des étapes les plus dures

Notre méthode — la même que celle du planificateur du site — additionne dénivelé, distance et technicité pour chaque étape. Sur ce critère d'effort brut, c'est l'étape 6 (Ciottulu di i Mori → Manganu) qui arrive en tête : 24,8 km, du jamais-vu ailleurs sur le tracé. Mais beaucoup de marcheurs désignent plutôt l'étape 4 (Ascu Stagnu → Tighjettu) : la plus alpine, avec le point culminant du GR20 à 2 607 m, ses pierriers et son arête minérale. D'autres citent l'étape 1 et ses +1 376 m avalés dès le premier jour, sans échauffement. Les trois réponses se défendent : tout dépend de ce qui vous fait souffrir — les jambes (étape 6), le terrain et le vide (étape 4), ou le manque de rodage (étape 1).

1 · Ciottulu di i Mori → Manganu Étape 6 →

24,8 km : la plus longue étape du tracé officiel, aucune autre ne s'en approche. Le dénivelé reste contenu (+692 m, -1 082 m), mais c'est la durée qui use. Le sentier passe par Castel di Vergio — simple point de dépannage, pas un vrai ravitaillement — puis longe le lac de Nino et ses pozzines avant d'atteindre Manganu. Une journée entière de marche où la fatigue s'accumule kilomètre après kilomètre, sans passage technique majeur, mais sans répit non plus.

2 · Calenzana → Ortu di u Piobbu Étape 1 →

+1 376 m, la plus grosse montée sèche du GR20, pour seulement -131 m de descente sur 10,9 km. Et elle tombe le premier jour, sans échauffement : on quitte Calenzana, dernier vrai ravitaillement avant plusieurs jours, avec des jambes pas encore rodées. La montée est régulière et soutenue, sur sentier caillouteux, avec une exposition au soleil marquée en fin de matinée. Partir tôt change beaucoup de choses sur la partie basse.

3 · E Capannelle → Prati Étape 11 →

17,6 km, +837 m, -644 m : la plus longue journée de la moitié sud. Après E Capannelle, le tracé s'installe sur les crêtes du sud, où les orages d'après-midi se gèrent mal — on part tôt. Moins technique que le nord, cette étape use par accumulation : distance et dénivelé s'additionnent sur une journée qui n'en finit pas. C'est elle qui surprend les marcheurs persuadés que le plus dur s'arrête à Vizzavona.

4 · Ascu Stagnu → Tighjettu Étape 4 →

Seulement 8,3 km, mais +1 161 m et -916 m : la densité maximale du GR20. C'est l'étape la plus alpine du tracé : depuis Ascu Stagnu, on grimpe à la Pointe des Éboulis, point culminant à 2 607 m, par une montée raide et minérale sur pierriers et arête — l'itinéraire ouvert en 2016 après la fermeture du Cirque de la Solitude. Aérien, mais sans escalade ; la longue descente vers Tighjettu achève une journée exigeante. Beaucoup la citent comme la plus dure.

5 · Vizzavona → E Capannelle Étape 10 →

13,8 km et +938 m pour seulement -269 m : une montée presque continue. C'est l'étape de la reprise après la pause de Vizzavona, et c'est ce qui la rend traître — le rythme s'est relâché, et le GR20 réclame aussitôt près de mille mètres de dénivelé. Rien de technique en travers de la route, mais un effort long et régulier qui rappelle que la moitié sud, réputée plus douce, se gagne elle aussi.

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Et côté vertige et terrain ?

Si c'est le vide qui vous inquiète plus que l'effort, le classement change. L'étape 4 reste en tête : arête et pierriers vers la Pointe des Éboulis, où l'exposition vient de l'altitude et du terrain ouvert, pas d'un passage d'escalade. Viennent ensuite les dalles et la passerelle de la Spasimata (étape 2), courtes et équipées d'une chaîne, mais glissantes par temps humide. Les crêtes et brèches du nord — dont la brèche de Capitello, vers 2 225 m, sur une étape 7 sèche et sans eau — concentrent quelques pas aériens entre les étapes 4 et 7. La variante alpine de Bavella (étape 15) est, elle, facultative : la voie normale l'évite.

Le peloton

Le reste du classement

Le reste du peloton se tient dans un mouchoir : les étapes 15, 12, 9, 14, 3, 2 et 8 alternent journées courtes et dénivelés francs, sans jamais atteindre l'intensité du top 5. En queue de classement, trois étapes font office de journées de récupération : l'étape 5 (6,4 km seulement vers Ciottulu di i Mori), l'étape 13 (10,9 km et +266 m, la plus douce selon notre méthode) et l'étape 16, la descente finale vers Conca (-1 053 m). C'est là qu'on place les journées où les jambes réclament grâce.

Sur le GR20, la difficulté d'une étape dépend davantage de la météo du jour que de son profil : l'orage, pas le vide, reste le danger n°1.

Conseils

Aborder les étapes dures

Les étapes dures se négocient en amont. Partir tôt, d'abord : roche sèche, fraîcheur dans les montées, et les sections hautes passées avant les orages d'après-midi. Vérifier la météo chaque jour — on ne s'engage jamais sur une crête par temps douteux. Prévoir l'eau, surtout sur l'étape 7, sèche. Enfin, garder le découpage officiel sur les journées les plus exigeantes : regrouper deux étapes se fait sur les tronçons faciles, jamais sur le top 5. Le planificateur recalcule tout à votre allure.