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Itinéraires

GR20 en 12 jours : quelles étapes doubler ?

Boucler le GR20 en 12 jours, c'est fusionner quatre paires d'étapes officielles sur les seize. Nos données — les mêmes que celles du planificateur — désignent les quatre regroupements les plus doux, et surtout ceux qu'il ne faut jamais tenter. Voici le découpage chiffré, fusion par fusion.

Le principe

On fusionne le doux, jamais le dur

Sur notre échelle de pénibilité (10 = maximum), une étape officielle « normale » du GR20 se situe entre 3,5 et 7,4 — la plus dure naturellement, l'étape 6, atteint 7,44. Toute fusion de deux étapes consécutives crée donc une journée au niveau des pires étapes naturelles, ou au-delà. La règle est simple : on fusionne le doux, jamais le dur. En doublant quatre paires bien choisies — non chevauchantes, les plus douces du tracé —, on passe de 16 à 12 jours sans qu'aucune journée ne dépasse 8,34 de pénibilité. Les quatre fusions retenues ci-dessous sont exactement celles-là ; toutes les autres montent plus haut, parfois jusqu'à saturation de l'échelle.

Le découpage

Les quatre fusions recommandées

Étapes 2+3 : Ortu di u Piobbu → Ascu Stagnu

12,2 km, +1 384 m, -1 456 m, pénibilité 7,55. Courte sur le papier, dense sur le terrain : on descend vers Carrozzu, on franchit les dalles et la passerelle de la Spasimata, puis on remonte vers Haut-Asco. La fusion marche parce que la distance reste très contenue — la plus courte des quatre recommandées — pour un dénivelé sérieux mais réparti sur la journée. Point de vigilance : les dalles de la Spasimata se passent mieux le matin, sur roche sèche ; partez tôt et gardez du jus pour la remontée finale vers Ascu Stagnu.

Étapes 8+9 : Petra Piana → Vizzavona

20,0 km, +1 087 m et surtout -2 009 m de descente, pour une pénibilité de 7,92. C'est le grand classique des marcheurs pressés : enchaîner Petra Piana → Onda puis la descente sur Vizzavona, où l'on retrouve train, ravitaillement et vrai lit. La fusion fonctionne parce que le profil bascule massivement vers le bas et que Vizzavona offre une vraie récupération derrière. Point de vigilance : un tel volume de descente en une journée se paie dans les genoux — bâtons indispensables, et méfiez-vous de la fausse facilité du D- en fin de journée.

Étapes 13+14 : Usciolu → Asinau

20,8 km, +869 m, -1 074 m : avec une pénibilité de 7,44, c'est la fusion la plus douce de tout le tracé — exactement le niveau de l'étape 6, la plus dure des étapes naturelles, mais pas au-delà. Le terrain aide : depuis Usciolu, le sentier traverse le plateau par A Matalza avant de rejoindre Asinau, sur un relief bien plus roulant que le nord. Point de vigilance : la longueur reste réelle, et sur ces crêtes du sud les orages d'après-midi imposent un départ matinal — la douceur du profil ne dispense pas de partir tôt.

Étapes 15+16 : Asinau → Conca

28,3 km : la journée la plus longue de ce découpage, mais +719 m seulement pour -2 014 m — un profil massivement descendant, pénibilité 8,34. C'est la fusion qui termine la traversée en beauté : Bavella, I Paliri, puis la longue plongée vers Conca et le maquis. Elle marche parce que la montée est presque absente ; toute l'énergie part dans la distance et la descente. Point de vigilance : c'est la plus rude des quatre fusions recommandées, et elle tombe en fin de traversée, sur des jambes usées — les genoux encaissent, prévoyez bâtons et eau pour une journée entière.

Les interdits

Ce qu'on ne fusionne jamais

Six fusions saturent notre échelle à 10/10 : étapes 1+2, 5+6, 6+7, 9+10, 10+11 et 11+12. La logique est constante : tout ce qui touche l'étape 6 — la plus longue du GR20 avec 24,8 km — ou l'étape 1 et ses +1 376 m de montée sèche produit des journées de 30 km ou de +1 900 m de dénivelé. Même verdict pour le bloc des étapes 9 à 12, au cœur du tracé sud : ces journées s'enchaînent déjà sans répit, les doubler crée des journées hors norme. Une étape naturelle ne dépasse jamais 7,44 de pénibilité ; ces fusions-là explosent le plafond. On ne les tente pas, même en grande forme.

Nuances

Selon ta forme — et mieux que les fusions

Selon votre forme, deux autres fusions se discutent : étapes 12+13 (21,8 km, +905 m, pénibilité 7,80) et étapes 7+8 (18,3 km, +1 247 m, 8,32) — plus rudes que nos quatre retenues, mais jouables pour des marcheurs entraînés. En revanche, étapes 3+4 (pénibilité 9,76) reste déconseillée : c'est la journée la plus alpine du tracé. Et surtout, les fusions pures ne sont pas la seule option : les haltes intermédiaires — bergeries de Ballone, Vaccaghja, Croci — permettent des découpages plus fins que le refuge-à-refuge, et c'est exactement ce que calcule le planificateur.

Fusionner se décide aussi la veille au soir, selon la météo annoncée et l'état de vos jambes — rien n'oblige à figer le plan avant de partir.